Présidentielle 2027 et immobilier : ce qui peut changer pour votre meublé à Paris
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Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le dimanche 18 avril 2027, le second le dimanche 2 mai. Pour un propriétaire de meublé à Paris, l'enjeu est concret : encadrement des loyers, fiscalité du LMNP, interdictions de louer liées au DPE, meublés de tourisme… Plusieurs de ces règles dépendent directement des choix du prochain exécutif et de sa majorité.
Nos clients, souvent expatriés ou en mobilité, nous posent la même question : faut-il attendre l'élection pour acheter, vendre ou relouer ? Voici l'état du droit au 4 novembre 2026, puis les annonces logement que nous avons pu rattacher à une source datée, présentées dans l'ordre alphabétique et selon les mêmes critères pour tous. Nous ne prenons parti pour aucun d'entre eux.
Le calendrier de la présidentielle
Étape | Date |
|---|---|
Fin du dépôt des parrainages | 12 mars 2027 |
Liste officielle des candidats | Au plus tard le 26 mars 2027 |
Premier tour | Dimanche 18 avril 2027 |
Second tour | Dimanche 2 mai 2027 |
Ces dates ont été annoncées en Conseil des ministres le 1er juillet 2026 et seront arrêtées officiellement par le décret de convocation des électeurs. Les dates des parrainages et de la liste officielle découlent de la loi de 1962 et restent indicatives. La liste définitive des candidats est arrêtée par le Conseil constitutionnel.
⚠ Programmes non définitifs — Au 4 novembre 2026, aucune personnalité ayant déclaré sa candidature ou désignée par son parti n'a publié de programme présidentiel complet sur le logement. Les mesures citées ci-dessous sont des annonces, des documents de parti ou des déclarations publiques. Elles peuvent évoluer d'ici le premier tour, et toute mesure fiscale devra ensuite être votée par le Parlement.
Les règles en vigueur aujourd'hui
Avant de regarder les annonces, il faut savoir ce qui s'appliquera de toute façon.
Le budget 2027 est toujours en discussion. Le 30 octobre 2026, en première lecture, les députés ont supprimé de l'article 7 du projet de loi de finances le plafonnement des amortissements LMNP (2,5 % et 7 000 € par an et par foyer, 1,5 % et 5 000 € pour les meublés de tourisme) et les restrictions de report, par 45 voix contre 41. Le vote solennel sur la première partie, prévu le 3 novembre, a été reporté une nouvelle fois, l'examen des amendements n'étant pas terminé ; il n'a pas encore de nouvelle date officielle. Le Sénat examinera ensuite le texte. Si la première partie était rejetée, c'est le texte initial du gouvernement, plafonnement compris, qui serait transmis au Sénat. La suppression peut aussi être remise en cause au Sénat, en commission mixte paritaire ou par un recours au 49.3. Rien n'est donc acquis.
L'encadrement des loyers à Paris est en sursis. L'expérimentation prend fin le 23 novembre 2026 sans nouvelle loi. Le Sénat a adopté le 21 octobre, par 325 voix contre 17, une prolongation de deux ans, jusqu'en novembre 2028, sans nouvelles villes. Le texte doit maintenant être voté dans les mêmes termes par l'Assemblée nationale, où il est inscrit à l'ordre du jour du 19 novembre. Nous détaillons ce vote dans notre article sur l'encadrement des loyers à Paris après le vote du Sénat.
Le calendrier du DPE reste celui de la loi Climat et résilience. La location est interdite pour les logements classés G dans les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis le 1er janvier 2025, puis pour les F en 2028 et les E en 2034. Un projet de loi en cours d'examen à l'Assemblée nationale (texte de la commission n° 3188-A0, projet de loi relance et décentralisation du logement, article 6) prévoit toutefois des dérogations, notamment pour les bailleurs ayant signé un contrat de travaux. Tant qu'il n'est pas promulgué, rien ne change. Notre article sur le calendrier du DPE pour les meublés parisiens fait le point.
💡 Ce qui sera voté au budget 2027 s'appliquera quel que soit le résultat de l'élection — Un nouveau président ne pourrait modifier la fiscalité du LMNP que par une loi : le plus souvent la loi de finances pour 2028, votée fin 2027, mais une loi de finances rectificative votée plus tôt reste possible. Le prochain rendez-vous fiscal décisif pour votre meublé reste donc l'issue du budget 2027.
Les annonces des personnalités
Une trentaine de candidatures sont déclarées. Le tableau ci-dessous retient les personnalités ayant déclaré leur candidature ou désignées par leur parti qui ont publié au moins une mesure touchant un bailleur de meublé, appuyée sur une source datée : programme, discours, entretien ou article de presse. Lorsqu'une personnalité n'a rien publié de sourcé sur un sujet, nous l'indiquons. Certaines lignes reprennent un document antérieur à la candidature, ce que nous précisons.
Personnalité | Encadrement | DPE | Fiscalité bailleur | Tourisme | Source et date |
|---|---|---|---|---|---|
Gabriel Attal | Pas de position publiée | Loi de programmation sur cinq ans des aides à la rénovation | « Véritable statut du bailleur privé », sans détail publié | Pas de position publiée | Débat du Medef (27 août 2026), selon son site de campagne ; Grand Oral de Batimat (28 septembre 2026), rapporté par la presse |
Raphaël Glucksmann | Encadrement dans les zones en grande tension | Pas de position publiée | Fiscalité progressive et dissuasive sur la vacance longue | Pas de position publiée | Projet « Acte I » de Place publique, place-publique.eu (23 juin 2025), antérieur à sa désignation |
Marine Le Pen | Pas de position publiée | Suppression des contraintes locatives liées au DPE, qui deviendrait indicatif | Pas de position publiée | Pas de position publiée | Discours d'Hénin-Beaumont (13 septembre 2026) et Grand Oral de Batimat (28 septembre 2026), rapportés par la presse |
David Lisnard | Pas de position publiée | Suppression du DPE | Pas de position publiée | Pas de position publiée | Entretien repris par Nouvelle Énergie (5 décembre 2025), antérieur à sa candidature |
Jean-Luc Mélenchon | Généralisation à tout le territoire | « Interdire réellement la location des passoires thermiques » ; permis de louer partout | Plafond de cinq logements transmissibles par héritage ; taxe foncière progressive | 60 jours par an, quotas en zone tendue, interdiction dans l'hypercentre des grandes métropoles, fin de la niche fiscale | Communiqué du groupe LFI sur lafranceinsoumise.fr (3 septembre 2026) ; plan « BTP et logement » sur melenchon2027.fr (septembre 2026) |
Édouard Philippe | « Plutôt contre », dans l'attente du bilan de l'expérimentation | Pas de position publiée | Ne plus « punir fiscalement » les propriétaires | Pas de position publiée | Congrès de la FNAIM (8 décembre 2025) |
Bruno Retailleau | Suppression | Fin des interdictions de louer | Statut du bailleur privé avec amortissement de 4 % par an, nu comme meublé | Pas de position publiée | Projet « Se loger mieux et moins cher ! » des Républicains (mai 2026) |
Fabien Roussel | Baisse organisée et régulation renforcée des loyers publics et privés ; taux d'effort plafonné à 20 % des revenus | Pas de position publiée | Pas de position publiée | Pas de position publiée | Propositions du PCF pour le Congrès HLM de Bordeaux (22-24 septembre 2026) |
François Ruffin | Généralisation à tout le territoire ; encadrement des compléments de loyer | Pas de position publiée | Suppression des abattements et amortissements, y compris pour les meublés à l'année | Imposition des usages occasionnels « au moins deux fois plus qu'actuellement » | Cahier de campagne « Face à la crise du logement » (24 septembre 2026) |
Marine Tondelier | Généralisation, amélioration et pérennisation | Remise en location temporaire des passoires à condition de loyers réduits de 30 % | Garantie universelle des loyers à la place de Visale | Pas de position publiée | Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6 (26 avril 2026) ; programme des Écologistes (juillet 2026) |
Sur l'impôt sur la fortune immobilière, l'imposition des revenus fonciers et les plus-values immobilières, nous n'avons trouvé à ce jour aucune proposition précise et sourcée concernant les bailleurs de meublé.
Encadrement des loyers : deux approches
Deux lignes se dessinent. Bruno Retailleau propose de supprimer l'encadrement des loyers, et Édouard Philippe s'est dit « plutôt contre », tout en attendant le bilan de l'expérimentation. À l'inverse, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin et Marine Tondelier proposent de le généraliser, François Ruffin y ajoutant l'encadrement des compléments de loyer. Raphaël Glucksmann propose de l'appliquer dans les zones en grande tension, et Fabien Roussel de renforcer la régulation des loyers.
Pour un propriétaire parisien, le calendrier compte autant que les annonces. Si l'Assemblée adopte la prolongation en novembre 2026, l'encadrement restera en vigueur jusqu'en novembre 2028. Le prochain quinquennat devra donc, quoi qu'il arrive, décider de son avenir avant cette échéance, que ce soit pour le supprimer, le prolonger ou le pérenniser.
LMNP et statut du bailleur
Bruno Retailleau et Gabriel Attal ont fait des annonces sur la fiscalité du bailleur. Bruno Retailleau propose un statut du bailleur privé avec un « amortissement universel » de 4 % par an, « nu comme meublé, ancien comme neuf ». Gabriel Attal propose lui aussi un statut du bailleur privé, sans en avoir publié les modalités.
Du côté des annonces visant le patrimoine, Jean-Luc Mélenchon propose un plafond de cinq logements transmissibles par héritage et une taxe foncière progressive. Raphaël Glucksmann propose une fiscalité progressive sur la vacance longue, et Édouard Philippe de ne plus « punir fiscalement » les propriétaires. François Ruffin propose de supprimer les abattements et amortissements qui permettent à de nombreux multipropriétaires d'être peu ou pas imposés, « y compris pour les meublés à l'année ».
Le statut du bailleur privé actuel, dit « Jeanbrun », concerne la location nue. Pour comparer les options existantes, consultez notre article statut du bailleur privé : Jeanbrun ou LMNP, que choisir à Paris ?
DPE : interdire ou assouplir ?
Plusieurs personnalités proposent de revenir sur les interdictions de louer : Marine Le Pen propose de supprimer les contraintes locatives liées au DPE, qui deviendrait un simple élément indicatif, Bruno Retailleau de mettre fin aux interdictions de louer et David Lisnard de supprimer le DPE. Jean-Luc Mélenchon propose au contraire, dans son plan « BTP et logement », d'« interdire réellement la location des passoires thermiques » et de généraliser le permis de louer. Marine Tondelier propose d'autoriser une remise en location temporaire des passoires, à condition que leurs loyers soient réduits de 30 %. Gabriel Attal, de son côté, propose une loi de programmation sur cinq ans pour donner de la visibilité aux aides à la rénovation.
Toute modification passerait par une loi. Le projet de loi en cours d'examen à l'Assemblée nationale prévoit déjà des dérogations, mais tant qu'il n'est pas promulgué, le calendrier actuel s'applique : un logement classé F ne pourra plus être loué à partir du 1er janvier 2028 pour les baux signés, renouvelés ou reconduits après cette date.
⚠ Ne différez pas vos travaux sur un pari électoral — Si votre meublé est classé F ou G, le calendrier légal reste celui en vigueur tant qu'aucune loi ne l'a modifié. Planifier un audit et des travaux reste la voie la plus sûre pour continuer à louer.
Meublés de tourisme : plus d'encadrement ?
Jean-Luc Mélenchon propose de limiter la location des meublés de tourisme à 60 jours par an, de fixer des quotas dans les zones tendues, de l'interdire dans l'hypercentre des grandes métropoles et de supprimer leur avantage fiscal. François Ruffin propose d'imposer les usages occasionnels « au moins deux fois plus qu'actuellement ». Les autres personnalités du tableau n'ont pas publié de position sourcée sur ce sujet.
À Paris, depuis le 1er janvier 2025, une résidence principale ne peut être louée en meublé de tourisme que 90 jours par année civile (contre 120 auparavant), sur décision du Conseil de Paris prise en application de la loi du 19 novembre 2024. Les meublés loués à l'année à des cadres, des entreprises ou des diplomates, en bail meublé ou en bail Code civil, ne sont pas des meublés de tourisme.
Faut-il attendre pour investir ?
Pour un achat, une vente ou une remise en location, plusieurs éléments invitent à la prudence plutôt qu'à l'attentisme :
Les règles changent par la loi, pas par l'élection. Une promesse de campagne doit être votée, ce qui prend en général plusieurs mois après l'élection présidentielle et, le cas échéant, de nouvelles élections législatives.
Le budget 2027 compte davantage à court terme. Son issue, attendue d'ici la fin de l'année, fixera la fiscalité du LMNP pour 2027.
La demande locative ne dépend pas du scrutin. Les mutations professionnelles, les missions d'expatriés et les besoins des entreprises se poursuivent.
Un logement bien classé au DPE et loué au juste prix reste protégé dans la plupart des scénarios.
Notre conseil aux propriétaires
Nous recommandons de raisonner sur les règles connues, de suivre les votes de novembre 2026 et de réévaluer votre stratégie une fois les programmes complets publiés, au printemps 2027. Nous mettrons cet article à jour à chaque étape importante.
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